La guerre en Irak est-elle profitable?
Les médias parlent grandement d'une offensive états-unienne prochaine contre l'Irak. Une
attaque aurait des répercussions sur la population civile. Il convient de se rappeler que
l'Irak est sous embargo, décrété par l'ONU afin d'empêcher le régime irakien de se
réarmer. Cet embargo dure depuis la guerre du Golfe. Il touche plusieurs secteurs et la
population a déjà été grandement affectée. Plusieurs milliers de décès peuvent être
attribués indirectement à cet embargo. Une autre guerre pourrait avoir des conséquences
catastrophiques surtout auprès des femmes et des enfants fragiliséEs à cause des
conditions économiques qui prévalent actuellement en Irak. Certes, M. Saddam Hussein
est un autocrate et la démocratie demeure inaccessible pour les irakienNES. Cependant,
une guerre «préventive» est-il le meilleur moyen pour favoriser l'essor de la démocratie
dans la région?
De plus, cette «guerre préventive» engloutira des milliards de dollars . Ne pourrait-on pas
se servir de ces sommes pour investir réellement dans la paix: infrastructures, programmes
d'alphabétisation, hôpitaux, etc.? Ce serait sans doute une méthode plus efficace à long
terme de préserver la paix.
Mais ces sommes investies dans l'appareil militaire profitent-elles à la population états-
unienne? Il est permis d'en douter puisque les budgets sociaux ont subi de nombreuses
compressions budgétaires. Quant au secteur privé, les fonds destinés aux programmes
industriels civils sont réaffectés vers la production militaire de haute technologie. Ainsi le
nombre d'emplois créés ne compensent pas le nombre de postes abolis dans le secteur
civil (Voir M. Chossudovsky, Guerre et mondialisation, p.34). En d'autre termes, toutes les
pouplations civiles perdront dans cette guerre.
Il importe comme chrétienne et chrétien, à la suite du Christ, de dénoncer et de combattre
toute forme d'injustice subie par des peuples et des personnes afin de construire un
monde de paix d'égalité et d'amour correspondant au rêve de Dieu sur l'humanité.
Patrice Perreault, agent de pastorale
|