Jeter les bases d'un Québec sans pauvreté
Projet de loi 112 - Loi visant à contrer la pauvreté et l’exclusion sociale.
Le 17 octobre dernier, le Groupe Actions Solutions Pauvreté (GASP) organisait une rencontre pour
faire reculer la pauvreté dans notre région. Un des éléments à appuyer en ce sens, est le projet de loi
112 qui vise à lutter contre l’appauvrissement et l'exclusion sociale. Ce projet constitue une avancée
réelle en matière d'engagement public. Par son accueil de plusieurs mémoires, nous nous réjouissons de
l’intention du gouvernement de vouloir améliorer son projet de loi et de déposer éventuellement une
proposition de loi révisée en vue de son adoption par l'Assemblée nationale au cours de la présente
session parlementaire.
C’est un projet qui va dans la bonne direction. Ce que nous proposons veut clarifier et consolider le
projet de loi. Des mesures urgentes doivent être mises en place par le gouvernement pour combattre la
pauvreté. Celle-ci n’est pas la condition uniquement des sans-emploi mais de plusieurs personnes qui
ont un emploi à temps partiel où à statut précaire. Au Québec, c’est le cas de près de 25% des salarié-es
et en majorité des femmes dont plusieurs d'entre elles se retrouvent en situation de pauvreté. Selon les
données de Statistique Canada, au Québec, près du quart des salarié-es touchent un salaire horaire de
10 $ et moins, et près de 264 000 personnes travaillent au salaire minimum (environ 9 % de tous les
salarié-es), un niveau nettement insuffisant pour pouvoir assurer des conditions de vie décentes.
LES PRINCIPALES AMELIORATIONS QUE NOUS PROPOSONS AU PROJET DE LOI SONT :
1- Donner deux cibles à la loi d'ici dix ans : que le Québec rejoigne les rangs des nations industrialisées
en réduisant le nombre de personnes en situation de pauvreté et en diminuant l'écart entre le cinquième
de la population le plus pauvre et le cinquième le plus riche.
2- Introduire dans le projet de loi une clause d'impact stipulant que les décisions des ministères, comme
celles du gouvernement, sont évaluées en fonction de leurs effets sur la pauvreté, notamment, et que
ces décisions ne peuvent aller à l'encontre des objectifs poursuivis par la loi.
DES MESURES URGENTES S'IMPOSENT
Le premier plan d'action doit comporter des mesures immédiates et urgentes. Ces mesures doivent
prioritairement prévoir :
1- L'augmentation des prestations de la sécurité du revenu et l'instauration d'un barème plancher en
deçà duquel aucune réduction, saisie ou pénalité ne peut être appliquée.
2- L'augmentation du salaire minimum et l'introduction d'un mécanisme d'indexation automatique.
3- Une meilleure protection, dans les normes du travail, des salariéEs à temps partiel ou à statut
précaire.
4- La construction de logements sociaux et le retour à la gratuité des médicaments pour les prestataires
de la sécurité du revenu et les personnes âgées recevant le supplément de revenu garanti.
Même si cette loi est un instrument essentiel pour lutter contre l’appauvrissement, le premier pas à faire
pour changer la situation est que la population dise NON à la pauvreté. L’appauvrissement et
l’exclusion ne sont pas des phénomènes naturels inévitables. Elles résultent d’une mauvaise
organisation de la société appelée le néolibéralisme. C'est un problème qui est causé par des choix
politiques et économiques qui génèrent des gagnantEs et des perdantEs, des privilégiéEs et des laisséEs
pour compte. Nous sommes avec la logique du plus fort qui «mange» le plus petit.
La recherche constante et à tout prix du profit doit être remplacée par la recherche de la satisfaction des
besoins de touTEs. Il est de la responsabilité première du gouvernement de se préoccuper
prioritairement des personnes et des familles qui sont appauvries et exclues de la société suite aux
conséquences du développement du néolibéralisme.
Cette lutte à la pauvreté doit devenir une préoccupation majeure pour l’ensemble de la population
québécoise. En plus de notre responsabilité commune et notre imagination, nous avons les moyens de
jeter les bases d'une société sans pauvreté.
Nous tenons aussi à manifester notre appui et notre solidarité à Groupe Actions Solutions Pauvreté de
Granby qui est dans notre milieu l’un des groupes qui recherche des solutions adéquates pour faire
reculer l’appauvrissement dont d’ailleurs personne n’est vraiment pas à l’abri.
Jean-Paul St-Amand & Patrice Perreault
Au nom du comité de pastorale sociale Granby & Région
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