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Au-delà de tous les nouveaux enjeux sociaux auxquels l’Église est confrontée, notamment la question qui retient beaucoup l’attention du monde médiatique actuellement : l’union entre deux personnes de même sexe, il m’apparaît primordial de ne pas perdre de vue dans un tel contexte marqué par la controverse que l’Église demeure prioritairement annonciatrice d’une BONNE NOUVELLE : « Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. » (Jn3,17) Gardant soigneusement en mémoire cette prémisse, il est bon de nous rappeler que nous sommes tous égaux en dignité et cela même s’il est possible de constater que des divergences d’opinions peuvent émerger dans nos rapports avec les autres. J’estime que la société pluraliste dans laquelle nous vivons exige l’achèvement du processus de dissociation entre l’Église et l’État. L’émergence d’un nombre incalculable de sous-cultures au sein du tissu social actuel devrait conduire les institutions à entrer davantage en dialogue les unes par rapport aux autres, plutôt que de tenter d’imposer aux autres les principes et les valeurs qui régissent leurs institutions respectives. En ce sens, je souhaite que la classe politique exerce pleinement leur responsabilité de législateur, mais tout en prenant en considération la réflexion approfondie de l’Église dans la manière d’accorder des droits légaux à l’égard de groupes de personnes qui revendiquent une reconnaissance bien compréhensible compte tenu que nous vivons dans un État fondé sur la Chartre des droits et libertés individuelles. Malheureusement, je constate que le débat autour du mariage entre personnes de même sexe se limite actuellement autour du principe de l’égalité des droits des individus dans notre société. Cette limitation m’apparaît être une conséquence d’une compréhension biaisée des fondations sur lesquelles notre société moderne devrait être construite. Il serait déplorable si notre société moderne se réduisait à n’être que des réseaux ayant pour assises que des aspects légaux ou de droits. Les personnes qui composent notre société sont aussi animées de valeurs qui doivent être prises en compte quand vient le temps d’ajuster nos institutions. Personnellement, je crois qu’il n’est jamais bénéfique de niveler les différences. La confusion des rôles joués par les personnes dans la société n’est pas plus noble et souhaitable que l’exclusion dont certaines personnes disent être victimes dans le débat du mariage entre personnes de même sexe. De plus, j’estime que les valeurs spirituelles et évangéliques appelées à inspirer les relations des personnes au sein d’une famille et qui s’articulent traditionnellement autour de la complémentarité des sexes, de la fécondité et la procréation d’un couple, de l’accompagnement d’un père et d’une mère dans l’éducation intégrale d’un enfant, de la permanence d’un engagement fondé sur l’amour et la foi au Christ Jésus sont autant d’aspects dont le Législateur ne doit pas banaliser ou encore confondre avec tout autre nouvelle réalité qui souhaite une reconnaissance légale. Quant aux mots utilisés pour désigner éventuellement les différents couples qui composent notre société, je ne crois pas qu’il serait sage d’utiliser qu’une seule expression sous prétexte de faire preuve d’inclusion. Connaissant la grande capacité des personnes de lois de faire preuve de sémantique et de nuance, je suis convaincu qu’elles seront suffisamment respectueuses de la proposition millénaire de la part de l’Église et qui consiste à permettre à un homme et une femme de s’unir sacramentellement dans le mariage. Claude Lamoureux, prêtre |
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