

En ce temps-là, parut un décret de
l'évêque de Saint-Hyacinthe ordonnant qu'une portion du territoire
dans les limites nord de la ville de Granby devienne paroisse qui porterait
le nom de Saint-Luc.
Ce décret eut lieu en l'an de grâce
1960, année où toute la province de Québec, en Canada,
basculait hardiment dans la Révolution tranquille et où le
bon pape Jean XXIII allait secouer toute l'Église et le monde entier
par l'annonce d'un Concile.
Puis, à l'été de cette même
année, vint un curé, l'abbé Bérubé,
pour célébrer -à l'école St-Marc- les premières
messes et faire élire les premiers marguilliers.
Dès septembre, en cette même année,
le curé fondateur et les Anciens -qu'on appelle marguilliers- adressèrent
à l'évêque, au nom du peuple, une requête à
l'effet de pouvoir construire une église-sacristie-presbytère.
En février de l'an suivant, une maquette
fut présentée aux paroissiens. Et en juin 61, tout le peuple
convoqué en assemblée, content que l'évêque,
pour sa part, ait déjà approuvé, ratifia toutes décisions
prises par le curé et les marguilliers concernant la construction.
Pendant un an, sous le contrôle de l'architecte
Laurent St-Pierre et des ingénieurs André Labrecque et 'Deguise
et Dupras', une foule d'ouvriers travailla d'arrache-pied à l'érection
de ce magnifique monument.
On construisit un temple pouvant loger huit cents
fidèles, de même qu'un presbytère pour loger le curé,
trois vicaires et tout le personnel.
Une dalle de béton de 66 pieds de largeur
forme la nef qui apparaît sans obstruction, de telle sorte que tous
les assistants peuvent participer à l'aise au saint Sacrifice.
L'autel, placé au centre du choeur, permit,
dès le début, de célébrer la messe face au
peuple, comme venait tout juste d'en décider le Concile.
L'immense nef complètement dégagée
trouve son pendant au sous-sol qui, lui aussi, est libre de toute colonne
et parfaitement éclairé.
Des arcs en acier forment la voûte qui se
prolonge sans interruption de l'arrière à l'avant de l'église.
Les matériaux utilisés pour les murs
sont le verre, la pierre et le bois. Les deux premiers sont froids d'apparence,
mais cette austérité voulue ne distrait pas la foule qui
concentre son attention sur le choeur fait de chêne et de noyer et
sur lequel se détache l'autel en marbre blanc.
Les travaux complétés (au coût
de $ 344,000), l'autel fut consacré, comme il se doit, le 2 juillet
62, et l'église solennellement bénite par l'évêque,
la même année, en septembre, avant d'être consacrée
par Mgr Langevin, le 20 octobre 85, pour souligner les 25 ans d'existence
de la paroisse.

Cinq curés se sont succédés,
en la paroisse, depuis sa fondation: l'abbé J. Théophile Bérubé
(60 à 65), l'abbé Maurice Déry (65 à 82), l'abbé
Gilles Mathieu (82 à 89), l'abbé Yvan Matton (89 à
95), puis l'abbé Claude Lamoureux (95 à ce jour).


Il y eut aussi quelques vicaires à temps
plein, dans les débuts, dont l'abbé Guy Lemaire, le premier,
à compter de juillet 61.
On ne saurait compter les nombreux vicaires dominicaux
qui, tour à tour, sont venus prêter main-forte au curé.
Sans oublier l'aide de notre diacre permanent et des nombreux laïcs
dont l'engagement précieux nous réjouit.
Depuis la mi-août 2002, la paroisse St-Luc forme une Unité Pastorale avec la paroisse St-Joseph ainsi qu'avec la paroisse anglophone St. Patrick's. L'abbé Claude Lamoureux a été nommé modérateur de l'Unité.


En l'an du Seigneur 1995, pour souligner joyeusement
les 35 ans de vie paroissiale, on fit venir de France, au printemps, cinq
cloches pesant en tout 2957 livres (presque deux tonnes et demie: de 1164
lbs à 347 lbs). On en fit la bénédiction, l'installation
et l'inauguration dès le mois de juin.
Par leurs joyeux Sol-Do-Ré-Mi-Fa, elles remplacent
allégrement les haut-parleurs, diffusant jusqu'alors un enregistrement
sur disque, pour convoquer le peuple à la prière et lui souligner
toutes sortes d'événements.
Elles sont à l'effigie de la Sainte Famille,
du Saint Esprit, de Saint Luc, de Saint Joseph et de la Sainte Vierge.
Et elles sont dédiées respectivement (dans le même
ordre) aux paroissiens, aux curés et marquilliers actuels et anciens
, aux bénévoles, aux malades et aux bâtisseurs de l'avenir.
Ces dédicaces se veulent autant d'hommages, de remerciements et
d'encouragements à tous ces gens qui ont fait et qui font la vie
d'ici.

Et pendant toutes ces années, tout
le bon Peuple de Saint-Luc bat son train-train quotidien, fait de travaux,
de loisirs, de joies, de peines, avec son lot de baptêmes, de mariages,
de funérailles, de prières et célébrations
liturgiques, d'initiations chrétiennes, d'assemblées de Fabrique,
de rencontres, de conseils de pastorale, ...
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